
Il y a toujours eu des controverses et des hérésies au sein de l’Église catholique au cours de ses deux mille ans d’histoire, l’une d’elles étant la défiance et la désobéissance envers la papauté, fondées sur la croyance erronée que l’attachement à Dieu dispense de l’obéissance fidèle au Vicaire du Christ choisi par lui sur la terre.
Ce que je trouve le plus préoccupant dans ces controverses, c’est que certains catholiques choisissent de suivre leur propre voie dans une rébellion schismatique, convaincus qu’ils détiennent la clé de la vérité. Critiquer la papauté conduit ultimement à la séparation, allant ainsi à l’encontre de notre Seigneur lui-même. Il nous a bien dit de prendre notre croix et de le suivre. C’est Jésus lui-même qui a institué la papauté ; qui sommes-nous pour aller contre sa volonté ?
Jusqu’à présent, même les papes les plus pécheurs de notre histoire n’ont jamais changé la doctrine fondamentale ni les dogmes de l’Église. Certains s’en sont approchés, mais, en fin de compte, ne l’ont pas fait. Comment cela se fait-il ? Parce que Jésus a promis que les portes de l’enfer ne prévaudraient pas contre son commandement. Il l’a dit dans le même souffle où il a dit à Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église… affermis tes frères… tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel… c’est à toi que je donnerai les clés du Royaume... » (Matthieu 16:18-19, Luc 22:32). Lorsque Jésus a choisi Pierre comme son vicaire, il savait que lui et chacun de ses successeurs seraient guidés par le Saint-Esprit. La grâce de Dieu suffit. Les catholiques n’ont qu’à faire confiance aux promesses de Jésus.
Or, certains soutiendront que Pierre était un homme imparfait, qu’il a trahi Jésus, qu’il était lâche, etc. Oui, c’est vrai. Cependant, Jésus a choisi cet homme imparfait pour être son vicaire sur la terre. Dieu se sert des plus humbles d’entre nous pour être les témoins de sa gloire. Il suffit d’évoquer de si humbles saints tels que Mère Teresa de Calcutta, sainte Bernadette Soubirous et saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars, pour n’en nommer que quelques-uns. Quant à saint Pierre, bien qu’il ait renié notre Seigneur à trois reprises, il s’est repenti et s’est efforcé de faire mieux. N’a-t-il pas donné sa vie pour son Seigneur à la fin ? N’a-t-il pas suivi le Christ jusqu’à sa propre crucifixion ? La réponse à ces deux questions est un oui retentissant !
Nous devons garder à l’esprit que les papes sont des hommes faillibles qui ont besoin de corrections comme le reste d’entre nous. Par exemple, sainte Catherine de Sienne a repris le pape Grégoire XI au sujet de son retour à Rome depuis Avignon. Saint Paul a également eu une discussion assez animée avec Pierre, allant même jusqu’à lui adresser une correction (Galates 2 : 11-14). Quoi qu’il en soit, Paul n’a jamais usurpé la position de Pierre ni son autorité. Il ne s’est pas attribué le rôle de chef et n’a pas passé outre aux décisions de Pierre. Il a continué à suivre Pierre, par amour, par fidélité et par obéissance au Christ.
Alors que les papes sont des êtres humains capables de commettre des erreurs, les enseignements ex cathedra, en revanche, sont infaillibles ; par conséquent, les dogmes et les doctrines demeurent inviolés. Aucun pape dans l’histoire n’a encore modifié l’un des dogmes de l’Église, car le dogme est une vérité éternelle révélée par Dieu. Il ne peut être ni altéré ni renversé par aucun pape ni aucun concile. C’est l’enseignement de la révélation éternelle de Dieu elle-même qui est infaillible ; ce n’est pas le pape lui-même qui est infaillible.
Par exemple, des principes fondamentaux tels que la Trinité, la Résurrection ou la divinité du Christ demeurent définitivement immuables et ne peuvent jamais être annulés. Chacun constitue une vérité éternelle. C’est un dogme. Le mandat de chaque pape est de préserver ce dépôt de la foi et de le transmettre. En revanche, des développements doctrinaux sont parfois apportés afin d’approfondir ou de clarifier la compréhension qu’a l’Église de certaines questions, comme la peine de mort. Dans ces rares cas, les théologiens soulignent qu’il s’agit d’applications pratiques et non d’un renversement d’un dogme défini.
J’ai récemment lu une analogie très simple concernant le développement doctrinal : « Un arbre peut faire pousser une nouvelle feuille, ou il peut être abattu et brûlé. Dans les deux cas, l’arbre est modifié, mais dans le premier cas, il ne cesse pas d’être un arbre (au contraire, il devient davantage un arbre grâce à ce changement). » Autrement dit, les catholiques n’ont pas à craindre que les papes cherchent à modifier les enseignements éternels de l’Église. Je crois que Dieu interviendrait avant que cela ne puisse jamais se produire.
Cela me rappelle l’étrange histoire du pape Vigile, qui avait accepté un pacte secret avec l’impératrice Théodora afin d’obtenir la papauté par des moyens illicites, en échange de l’adoption de la doctrine monophysite (l’hérésie selon laquelle Jésus ne possède qu’une seule nature (humaine) plutôt que deux natures, l’une humaine et l’autre divine), laquelle avait été condamnée au concile de Chalcédoine en l’an 451, un siècle plus tôt. Une fois monté sur le trône pontifical, le pape Vigile changea de cap. Il trahit l’impératrice et ne modifia pas ce dogme. En réalité, cela aurait été impossible. Il n’essaya même pas. On ne se moque pas de Dieu. Jésus ne se laissera pas usurper. Le dogme ne peut être modifié au gré ou sur la seule volonté de quiconque. Nous devons nous souvenir, et avoir confiance, que Jésus conduit la barque de Pierre jusqu’à son retour.
Alors que nos yeux doivent rester fixés sur Jésus, nous devons néanmoins suivre son vicaire choisi sur terre tout en gardant notre cœur et notre âme proches de Jésus et de sa sainte Mère, la Bienheureuse Vierge Marie. Il est vrai qu’il y a eu beaucoup de mal et de corruption au sein de l’Église, ce qui est douloureux à constater. Le pape Benoît XVI le savait très bien, tout comme le pape saint Paul VI, qui déplorait que la fumée de Satan pénétrait dans l’Église. D’une manière ou d’une autre, l’Église a résisté à deux mille ans de persécutions extérieures et de corruption interne. Ce dont nous sommes témoins à notre époque n’est rien de nouveau. Souvenons-nous que le pape Léon XIII a eu une vision de Satan combattant pour prendre le contrôle de l’Église et de l’humanité, d’où la prière à saint Michel Archange qu’il a immédiatement composée. La meilleure réponse que nous puissions donner, en tant que fidèles laïcs, est de prier pour nos papes et nos prêtres et de dénoncer les abus lorsqu’ils apparaissent.
En fin de compte, nous devons vivre et nous conformer à ce que Jésus nous a donné : une Église visible composée de saints et de pécheurs, y compris ses vicaires choisis sur terre, dont le mandat est d’être les bergers du troupeau de Jésus.
Que Dieu bénisse et guide notre Saint-Père, le Pape Léon XIV.
Marie Brousseau, 26 juillet 2026
Note de l’auteure: Cet article est la version intégrale francophone de l’article anglophone “Tu es Petrus: The Papacy as Instituted by Christ” publié sur la plateforme Catholic 365 .

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