
Une société ne peut pas prétendre être une démocratie lorsque ses habitants sont soit soumis à un discours imposé, soit réduits au silence. Alors que le gouvernement d’un pays mettra en avant les mots « liberté » et « démocratie » pour bercer ses citoyens d’un faux sentiment de sécurité, il s’octroiera le droit de décider de ce qui constitue la vérité et la parole acceptable et restreindra ainsi les droits de conscience et de parole de l’électorat. La liberté d’expression est censée être une garantie permettant d’agir selon sa conscience, laquelle est très souvent fondée sur des convictions religieuses et une certitude morale. Une véritable démocratie ne piétine pas les droits que Dieu a donnés aux personnes d’exercer leur foi et leurs convictions. Les lois qui vont à l’encontre de la loi naturelle n’accordent pas la véritable liberté : sous le couvert de la « liberté et l’autonomie personnelle », la soumission à la volonté du gouvernement est en réalité la règle du jour. C’est, en fait, de la sujétion, et non de la liberté, par le biais de l’endoctrinement et de lois immorales.
En fait, des lois immorales sont souvent présentées comme étant de la liberté alors qu’elles sont en fait de la licence. La véritable liberté n’est pas la licence ; c’est la capacité de choisir de faire le bien, et non de choisir le mal. Par exemple, l’euthanasie et l’avortement ne sont pas des biens ; ce sont des maux. Pourtant, des lois sont instaurées pour faire croire aux gens qu’il s’agît d’une vraie et bonne liberté. C’est faux.
Les soi-disant droits reproductifs : l’avortement est un meurtre, ce n’est pas une liberté
L’avortement a été accepté comme un « droit » dans notre culture grâce à l’intégration insidieusement habile de mots-clés tels que « choix », « liberté » et « droit fondamental ». La société s’est laissé manipuler au point de croire que tuer un enfant innocent est une forme de liberté. Ce n’est pas le cas. Il s’agit de la destruction de la vie humaine à son stade de développement le plus vulnérable. Le bébé dans le ventre maternel est sans défense. En effet, c’est l’enfant à naître, dont les droits fondamentaux ont été usurpés, qui a perdu son droit donné par Dieu de vivre.
Les femmes ont revendiqué la « liberté de choix » concernant leur propre corps, et cette prétendue liberté leur a été accordée par la loi. C’est une fausse liberté. La liberté de l’un ne devrait pas détruire le droit à la vie et à la liberté d’une autre personne. L’enfant dans le ventre maternel devrait avoir les mêmes droits qu’une personne en dehors du ventre maternel. Présenter l’avortement comme une liberté et un droit est un mensonge. C’est un choix qui est mauvais et qui va à l’encontre du commandement de Dieu de ne point tuer.
L’aide à mourir tue nos malades et nos personnes âgées : ce n’est pas une liberté
Les défenseurs et les partisans de l’euthanasie et de l’aide médicale à mourir utilisent le même discours que les défenseurs de l’avortement : la liberté de choisir. En fait, ils choisissent la mort. Ils nient effectivement la croyance selon laquelle Dieu a créé l’homme et le rappellera à lui lorsqu’il le décidera. Il n’appartient pas à la créature d’usurper la prérogative de Dieu. Les défenseurs de l’euthanasie revendiquent et imposent leur vision de mettre fin à leur vie selon leurs propres conditions. Des gouvernements du monde entier, y compris ceux du Canada et de la France, entre autres, ont adhéré à cette vision culturelle mortifère.
Afin de faciliter l’adoption d’une loi sur l’aide à mourir en premier lieu, des garanties strictes sont mises en place. Cependant, dès que la loi est adoptée, les abus commencent. Je le constate constamment dans mon pays. Au Canada, maintenant que l’aide médicale à mourir est légalisée depuis 2016, il existe un programme visant à permettre l’accès à l’aide à mourir en raison d’une maladie mentale, comme la dépression ou le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Autrement dit, ils veulent élargir ce qu’ils appellent la liberté de se donner la mort. Un Comité mixte spécial sur l’AMM (aide médicale à mourir) a entamé, en février 2026, un examen de cette question portant sur la maladie mentale et l’euthanasie. Son objectif était d’évaluer si le Canada était effectivement prêt à élargir les critères d’admissibilité afin d’inclure les troubles mentaux parmi les affections donnant droit à l’AMM. À moins que le Parlement n’intervienne, cet élargissement doit entrer en vigueur le 17 mars 2027, le jour de la Saint-Patrick, de tous les jours possibles! D’ici là, les militants pro-vie doivent continuer à présenter des arguments concrets afin de s’assurer que les personnes atteintes de troubles mentaux bénéficient de soins et de traitements appropriés plutôt que d’un feu vert légal à une mort cautionnée par l’État.
La loi canadienne sur les discours haineux : un régime de silence et de parole contrainte, qui n’est pas démocratique.
La liberté d’expression est menacée dans de nombreux pays. Par exemple, une dynamique juridique vise à restreindre la liberté d’expression en Europe. Dans l’Union européenne (UE), il existe désormais une nouvelle loi appelée le DSA (Digital Services Act), qui restreint la liberté d’expression des personnes en ligne. Les grandes plateformes font l’objet d’une surveillance stricte sous couvert de sécurité et de lutte contre la « haine ». Il existe une vidéo de quatre minutes produit par l’ADF International (Alliance Defending Freedom International) présentant les bases du DSA que je recommande vivement de regarder afin de comprendre ce qui est en jeu concernant la liberté d’expression.
Puis nous avons le Canada et sa loi redéfinie sur les discours haineux. Il semble que la culture woke dominante dans ce pays, qui a inscrit dans la loi et dans les pratiques courantes des questions telles que les droits des personnes transgenres, l’euthanasie et les prétendus « droits reproductifs » (l’avortement), continue de s’enfoncer dans une spirale d’autodestruction sous l’actuelle direction libérale du Canada, comme ce fut le cas sous la direction précédente.
Jusqu’à présent, le gouvernement canadien a redéfini la loi sur la haine en vertu des articles 318 et 319 du Code criminel avec le projet de loi C-9, la « Loi sur la lutte contre la haine ». Cela aura pour effet de criminaliser l’usage de la religion, par exemple en citant la Bible pour exprimer son opposition à des lois qui entrent en conflit avec sa foi. Le gouvernement dispose des moyens de « codifier une définition de la “haine” afin de clarifier à quel moment un comportement constitue un crime haineux ». Cela signifie que c’est le gouvernement qui décide de ce qui constitue de la haine. Par exemple, lors d’une réunion du Comité permanent de la justice de la Chambre des communes au sujet du projet de loi C-9 le 30 octobre 2025, un député a déclaré que la Bible contenait des propos haineux et que les personnes qui la citent devraient être poursuivies en justice : « Dans le Lévitique, le Deutéronome, les Romains… il y a d’autres passages… il existe une haine manifeste envers, par exemple, les homosexuels… Ils ne devraient pas être utilisés pour inciter à la haine ni servir de moyen de défense, et les procureurs devraient peut-être faire preuve de discernement quant à l’opportunité d’engager des poursuites. » Ce qui avait commencé comme un discours visant à protéger les citoyens du Canada contre les crimes haineux a fini par se transformer en une restriction de la liberté d’expression et du libre exercice des convictions religieuses. Le 17 juin 2026, le projet de loi a franchi la dernière étape en recevant la sanction royale et fait désormais partie des lois du pays. Un jour sombre pour les citoyens du Canada. Mais après tout, ce n’est pas nouveau ; bien que consternée, je ne suis pas particulièrement surprise. Cela s’inscrit dans la tendance croissante à l’érosion de la liberté d’expression dans notre culture.
Une autre manifestation de l’érosion de la liberté des citoyens par le gouvernement canadien est la signature, en juillet 2026, de la Convention des Nations Unies contre la cybercriminalité. Bien que ce traité semble, à première vue, être une bonne idée, en prévoyant des dispositions relatives aux droits de la personne et à la protection des enfants, il comprend un accord sur la surveillance transfrontalière et le partage de preuves qui avait initialement été rejeté par le Canada en décembre 2024. À l’époque, le Canada avait qualifié ces mesures d’« infractions criminelles » et de « pouvoirs de surveillance intrusifs ». De plus, d’importants groupes de défense des droits de la personne, ainsi que de nombreuses organisations et experts canadiens, avaient exhorté le gouvernement canadien à rejeter cette Convention contre la cybercriminalité. Même des alliés clés ont jusqu’à présent refusé de signer le traité, notamment les États-Unis et la Nouvelle-Zélande. La principale préoccupation concerne le respect de la vie privée. Maintenant que le Canada a adhéré à cette convention, la vie privée et les renseignements personnels de chaque citoyen sont en jeu. Où est le respect démocratique de la liberté individuelle dans un État de surveillance ? Par exemple, toute personne qui utilise ses appareils électroniques pour exprimer son désaccord avec les idéologies culturelles actuelles et pour diffuser la vérité de Dieu selon ses convictions religieuses pourrait potentiellement être prise pour cible et accusée de cybercriminalité et de discours haineux. Cela rappelle les États policiers du passé.
Alors que Dieu est omniscient et que rien ne Lui est caché, un gouvernement ne l’est pas. Un gouvernement est censé protéger la liberté de sa population, et non en abuser. Un gouvernement n’est pas Dieu.
Réflexion finale
En cette époque de rhétorique idéologique et de récits relativistes concernant la personne humaine, prions pour que Dieu accorde à ses fidèles le courage et les moyens nécessaires pour combattre les mensonges et les lois maléfiques qui sont promulguées à travers le monde. Allons de l’avant dans la vérité, en confondant courageusement l’ennemi de nos droits donnés par Dieu à la vie, à la liberté et à la poursuite du vrai bonheur, qui trouve son accomplissement ultime en Dieu, et non dans un gouvernement antidémocratique.
Marie Brousseau, 25 juillet 2026
Note de l’auteure: Cet article est la version intégrale originale francophone de l’article original anglophone “A True Democracy Respects God-Given Rights” publié sur le site Catholic365.
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